domenica, Novembre 29

Burundi: la lutte pour le pouvoir au sein du CNDD est déchaînée Les signes de rivalité entre les deux dirigeants les plus importants du CNDD-FDD, le général Neva et Bunyoni, se multiplient. Le général Neva tente de diminuer le pouvoir du Premier ministre en plaçant tous les départements stratégiques de l'État sous son contrôle direct

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La candidature du secrétaire général du CNDD-FDD Evariste  Ndayishimiye à la présidence, a été imposée à l’époque par un groupe d’interets criminales au sein du parti composé par des généraux dont l’ancien ministre de l’Intérieur: Alain Guillaume Bunyoni. Pour assurer la continuité du contrôle sur le pays, le dictateur Pierre Nkurunziza avait modifié la Constitution en introduisant la figure de «guide suprême du patriotisme», avec un droit de veto sur le président et le parlement.

Evariste Ndayishimiye arrive à la présidence de manière désastreuse. Violences préélectorales, assassinats politiques, utilisation intensive des milices paramilitaires Imbonerakure et des mercenaires rwandais du groupe terroriste FDLR. Données électorales truquées pour compenser l’abandon total de l’électorat hutu qui serait désormais mieux représenté par le parti d’opposition CNL National Liberation Committee dirigé par Agathon Rwasa, ancien chef de guerre opposè à Nkurunziza pendant la guerre civile (1993-2004). Les données électorales (provisoires) n’ont pas été annoncées au siège de la Commission électorale mais à l’hôtel de l’entrepreneur italien Alfredo Frojo, de plus en plus proche du régime selon des sources locales. Les resultats definitives n’ont jamais été publiés car la victoire électorale de l’opposant Rwasa était trop évidente pour être invalidée par des arnaques électorales.

Une fois assumé la fonction de chef de l’Etat, Ndayishimiye (alias le général Neva) est gracié par la ‘Divine Providence’ avec la mort subite du dictateur Nkurunziza suite à des complications d’une infection à Covid19. Le décès est survenu le 8 juin dans des circonstances peu claires à l’hôpital du Cinquantenaire de Karusi, subventionné par l’ancien gouverneur de Sicile Salvatore Cuffaro dit Totò, qui a purgé une peine en Italie pour affaires avec la Mafia. Le Burundi serait divenu le pays de la rédemption de Totò Cuffaro désormais engagé dans des œuvres caritatives en faveur des «africains pauvres» afin de racheter son passé …

Après avoir enterré le dictateur à la hâte sans autopsie, le général Neva, sans concurrents, s’apprêtait à remplir le rôle conseillé par des éléments de la droite catholique italienne afin de réactiver les fonds de l’Union européenne et des États-Unis gelés depuis 2017 en raison de la crimes contre l’humanité commis par le régime. L’embarque economique occidental est la principale raison de l’effondrement économique subi par le Burundi ces trois dernières années.

Le rôle à jouer pour Evariste s’inscrivait dans une opération de maquillage politique bien conçue sur laquelle dès le début janvier 2020 des éléments de la droite catholique italienne et de la France ont concentré leurs efforts en faveur de la réouverture des crédits européens et américains. Ndayishimiye a essayè de se présenter comme un homme politique modéré, ouvert et capable de représenter un changement par rapport à la dictature brutale de Nkurunziza. Après les 100 premiers jours de la présidence, l’administration Neva montre une ligne conservatrice et sanglante bien pire que celle tracée par le chef suprême Nkurunziza de 2005 à 2020.

Les milices paramilitaires Imbonerakure assument un rôle de premier ordre sous le général Neva, en remplacement de l’armée et de la police. Les relations entre le régime et les terroristes rwandais des FDLR se renforcent. La paix espérée avec le Rwanda voit un revers et une nouvelle direction qui tend à augmenter les chances de conflit entre les deux pays jumeaux. La phraséologie raciale et la rhétorique anticoloniale de HutuPower visant à blâmer les «blancs» pour chaque mal qui s’est produit au Burundi depuis la période coloniale jusqu’à nos jours sont dépoussiérées. Le régime va jusqu’à demander à l’Allemagne et à la Belgique 43 milliards d’euros en compensation de la période coloniale.

Début juillet, un nouvel événement sanitaire inattendu arrive. Le Premier ministre Alain-Guillaume Bunyoni tombe subitement gravement malade, voire mourant. La mort de Bunyoni aurait ouvert la voie au pouvoir absolu et incontesté pour le général Neva. À l’époque, des sources locales et diplomatiques ont identifié la mort du dictateur et la grave maladie de Bunyoni comme deux tentatives d’assassinat politique. Selon les informations reçues, le général Neva et Bunyoni auraient accéléré la mort du dictateur à l’hôpital de Cuffaro et par la suite le général Neva aurait tenté d’éliminer son Premier Ministre Bunyoni.

Indépendamment de la véracité de ces informations, après la convalescence du Premier Ministre, nous constatons une rivalité claire entre les deux dirigeants du CNDD-FDD: Ndayishimiye, Bunyoni. Le nouveau gouvernement est composé presque exclusivement de militaires qui équilibrent en fait la perte de soutien populaire subie lors des élections par le CNDD-FDD avec la création d’une véritable junte militaire. La dualité du pouvoir caractérise la situation politique actuelle au Burundi.

Le poste de Premier Ministre a été créé pour remplacer les 2 anciens postes de vice-présidents. Pour ce très stratégique et potente, le général Allain Guillaume Bunyoni a été nommé, qui était, sous le régime de feu Pierre Nkurunziza, considéré comme le deuxième homme le plus puissant du régime. Dans une démarche qui lui confère le même niveau d’influence et de stature qu’auparavant, la nomination du général Bunyoni, le plus ancien officier de l’histoire du pays, n’a pas été une surprise.

Un peu plus de 100 jours après le serment du général Evariste Ndayishimiye, le véritable faux héritier de Pierre Nkurunziza (qui avait préféré Pascal Nyabenda comme successeur), les signes d’une lutte à la tête de l’Etat se multiplient. Le général Neva tente de diminuer le pouvoir du Premier ministre en plaçant tous les départements stratégiques de l’État sous son contrôle direct

Aujourd’hui, le chef du gouvernement, celui qui doit diriger le programme du gouvernement et superviser tous les autres départements de l’État au quotidien, est le Premier Ministre. Le nouveau président a entrepris une série de mesures qui, ensemble, ont pour effet de dépouiller le cabinet du Premier Ministre de ses fonctions. Le président, en fait, a stratégiquement engagé tous les départements importants et stratégiques de l’État dans la fonction de président, et donc sous son contrôle direct. Les services concernés sont: la Banque de la République, les services secrets: le Service national des renseignements (SNR), le Secrétariat permanent du Conseil national de sécurité, le Secrétariat permanent du Conseil supérieur de la justice, l’Inspection générale de l’Etat, l’Agence pour promotion des investissements, l’Agence de régulation et de contrôle des télécommunications.

Si le SNR, le Conseil national de sécurité et le Haut Conseil de la magistrature sont approchés à la présidence pour des raisons très évidentes dans une dictature (pression et répression contre les rebelles), tous les autres services sont placés sous le contrôle direct de la présidence pour une clôture contrôle visant à concentrer tous les pouvoirs entre les mains du président. En assurant le contrôle de la Banque centrale, le général Neva entend acquérir le monopole de l’impression de monnaie, de la circulation des devises étrangères, de la vente d’or et d’autres minéraux (principalement volés au Congo voisin).

Cette concentration du pouvoir sous la présidence aux dépens du cabinet du Premier Ministre aggrave la lutte entre le général Neva et Bunyoni, ce dernier ayant l’intention de diriger l’agenda du gouvernement et de superviser tous les départements de l’État. Prétendre que le général Neva prend le dessus sur son adversaire politique national serait une simplification du drame en cours. Bunyoni (nommé maréchal général par Nkurunziza avant sa mort) contrôle effectivement les milices Imbonerakure et les services secrets. De plus, divers généraux se seraient alignés de son côté, formant la junte militaire qui le préférait à Neva, le président manquant de charisme et de compétences militaires. Le pouvoir toujours détenu par Bunyoni a contraint le président Ndayishimiye à emprunter la voie de l’extrémisme politique.

Les discours contre la minorité tutsie, contre les Occidentaux et la montée en flèche de la violence contre la population font de la possibilité d’une reconsidération européenne et américaine de l’embargo économique une possibilité lointaine. Ils ont également mis la droite catholique italienne dans une extrême embarras, qui travaille depuis des mois avec les principales diplomaties européennes pour convaincre le processus de «renouvellement du régime» associé aux ouvertures démocratiques. Les amis du régime au Vatican font maintenant face à des critiques ouvertes de la junte militaire burundaise de la part d’autant de cercles catholiques romains et européens illustres et puissants.

«Les violations des droits de l’homme au Burundi ont atteint des« proportions alarmantes »depuis que le général Evariste Ndayishimiye est devenu président de la République le 18 juin. Un tableau sombre et inquiétant se dégage du rapport sur les 100 premiers jours au pouvoir de “Neva” – le surnom du leader politique et militaire – rédigé et diffusé ces derniers jours par 14 organisations de la société civile burundaise, dans l’espoir que la communauté internationale, Avant tout, l’Union africaine et les Nations Unies, ne vous détournez pas. ” Rapports du magazine bimensuel: Africa Magazine fondé en 1922 par les Missionnaires d’Afrique, mieux connus sous le nom de Pères Blancs. «Burundi: nouveau président, ancien régime. Malgré le nouveau gouvernement, près de 200 morts assassinés dans le pays en trois mois, pour la plupart des opposants au régime. ” Décrète la revue des Missionnaires Comboniens Nigrizia.

Ces plaintes ouvertes de prestigieux médias catholiques renforcent les allégations de crimes graves contre l’humanité lancées par le récent rapport de la Commission d’enquête de l’ONU sur le Burundi et les enquêtes menées par la chercheuse italienne Valeria Alfieri à la Fondation Jean-Jaurès clairement expliquées dans une interview à RFI la semaine dernière. “J’ai lel’impression que l’élection du nouveau président en RDC a déplacé l’équilibre des pouvoirs et des alliances au niveau régional. Et que cela a également contribué à exacerber les tensions entre le Rwanda et le Burundi, qui s’accusent mutuellement de soutenir les mouvements armés. ” Déclare Alfieri.

La dualité de pouvoir entre Evariste et Alain Guillaume créerait des incertitudes même au sein du crime organisé italien qui ne serait plus en mesure d’identifier le bon interlocuteur pour certaines grandes opérations de blanchiment d’argent qui devraient avoir lieu dans les mois à venir. Selon des sources confidentielles, les investisseurs de la “Mala Italiana” ont décidé de suspendre ou de ralentir ces opérations jusqu’à ce que l’on sache lequel des “deux coqs est en charge du poulailler“. D’autres investissements douteux tels que le nouveau Centre des Congrès ont également subi un revers partiel en raison de l’incapacité actuelle de comprendre qui est réellement en charge au Burundi.

Le résultat immédiat de cette dernière lutte pour le pouvoir est la paralysie des structures étatiques. Au Burundi, plus rien ne fonctionne alors que la crise économique dictée par l’embargo européen et américain s’aggrave de jour en jour, tandis que le Burundi se trouve de plus en plus isolé sur la scène internationale. Des voix critiques émanent des médias catholiques contribuant à l’échec du soutien politique de la cellule africaine à l’Elysée et de la célèbre communauté catholique italienne.

Certains experts régionaux voient dans cette lutte pour le pouvoir le dernier acte du parti racial nazi CNDD-FDD issu de la tentative ratée de génocide contre les Tutsis conçue en 1993 par le président extrémiste Melchior Ndadaye, tué lors d’un coup d’État organisé par des militaires tutsis. Dans une tentative de réécrire l’histoire, la junte militaire actuelle a contraint la Cour suprême du Burundi à condamner l’ancien président Pierre Buyoya et actuel envoyé de l’Union africaine au Sahel à la prison à vie, accusé d’avoir collaboré au meurtre de Ndadaye. Quinze autres personnes, dont d’anciens officiers supérieurs de l’armée, ont été condamnées à la réclusion à perpétuité tandis que l’ancien vice-président Bernard Busokoza a été condamné à 20 ans de prison. La condamnation et le mandat d’arrêt de Buyoya sont voués à être ignorés par la communauté internationale et l’Union africaine.

Après dix ans de guerre civile sanglante où les proies préférées du CNDD et de Nkurunziza étaient des civils inertes. Après 15 ans de pouvoir où le pays était pratiquement détruit. Après 5 ans de violences sans précédent à partir d’avril 2015; le régime semble être contraint de faire face à la crise la plus grave de son histoire subversive et criminelle.

Evariste Ndayishimiye n’a réussi à rassembler qu’un seul record: la naissance d’une rébellion active sur tout le territoire national qui prépare désormais l’assaut final pour renverser le régime. Depuis trois mois, Evariste est contraint d’affronter une coalition de 4 groupes rebelles burundais. Privé du soutien de l’armée, le général Neva est contraint de confier la défense du régime aux milices Imbonerakure et aux mercenaires rwandais FDLR. Le premier sous le contrôle de Bunyoni et le second des partenaires commerciaux historiques du Premier Ministre.

La dualité du pouvoir pourrait se transformer en un véritable règlement de compte. La date du 22 octobre 2020 est cruciale. Sans préavis, le maréchal général Alain Guillaume Bunyoni a convoqué une réunion extraordinaire du Conseil des Ministres, sans en avertir le président Evariste. La réunion serait appelée à résoudre cette dualité de pouvoir. Le Conseil des ministres recevra-t-il la tâche de médiation et de règlement des différences entre les deux chefs de la junte militaire ou la tâche de liquider le “Petit Evariste”?

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